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Au 1er octobre, votre éco-score maison vous oblige à afficher le chiffre officiel

Le 1er octobre 2026, deux périodes de transition du décret sur le coût environnemental des vêtements prennent fin. Afficher un score environnemental oblige alors à afficher aussi le coût officiel, et toute personne peut calculer celui de vos références. Deux issues : calculer et déclarer, ou retirer.

Couverture Dots Papers de l'article sur le coût environnemental des vêtements et les deux règles qui changent au 1er octobre 2026

En bref

  • Le coût environnemental des vêtements est un dispositif public et volontaire : un nombre en points d’impact, calculé gratuitement avec l’outil de l’État, déclaré sur un portail public.
  • Le 1er octobre 2026, deux périodes de transition prennent fin. Communiquer un score portant sur l’impact environnemental d’un vêtement vous oblige alors à communiquer aussi le coût officiel.
  • Le même jour, toute personne peut calculer et communiquer le coût environnemental de vos références, sans votre accord, à partir de données disponibles ou estimées.
  • Deux issues propres : calculer et déclarer vos références, ou retirer vos scores. Laisser en l’état n’en est pas une.

Faites le test avant de lire la suite. Prenez le code-barres de votre meilleure vente textile et tapez-le dans la recherche du portail public de l’affichage environnemental. Soit la référence y figure, parce que son fabricant ou son metteur sur le marché l’a déclarée. Soit elle n’y est pas, et à partir du 1er octobre, un tiers pourra calculer et communiquer son coût environnemental sans vous demander votre accord.

Ouvrez ensuite la fiche de ce même produit sur votre site. Cherchez un chiffre, une lettre, une jauge ou un badge qui parle d’impact environnemental. Si vous en trouvez un, cet article vous concerne avant le 1er octobre.

Ce qu’est le coût environnemental, en trois idées

Un nombre, en points d’impact. Le décret du 6 septembre 2025 le définit comme un nombre entier supérieur à zéro, qui agrège les émissions de gaz à effet de serre, les atteintes à la biodiversité, la consommation d’eau et d’autres ressources naturelles, sur tout le cycle de vie du produit, de la production des matières premières à la fin de vie. Plus il est élevé, plus l’impact est fort. Selon le ministère, l’étiquette en porte deux : le coût total, et le coût rapporté à 100 grammes de vêtement, comme le prix au litre d’un jus de fruit.

La durabilité entre dans le calcul. Un coefficient compris entre 0,67 et 1,45 module le résultat, selon deux critères qui tiennent à l’action de la marque et non au vêtement lui-même : la largeur de sa gamme, c’est-à-dire le nombre de références qu’elle commercialise, et son incitation à la réparation. À vêtement identique, une marque qui commercialise un très grand nombre de références et n’incite pas à réparer obtient un coût plus élevé.

C’est volontaire, et ça le reste. Aucune marque n’est obligée d’afficher son coût environnemental. En revanche, qui choisit de l’afficher doit respecter un cadre : déclarer la référence sur le portail avant toute communication, ne pas la mettre à jour plus d’une fois tous les trois mois, suivre la signalétique officielle, et tenir à la disposition des agents de contrôle les éléments qui justifient le calcul.

Ce qui bascule le 1er octobre

Le décret prévoyait une période de transition jusqu’au 1er octobre 2026 pour deux de ses règles. Pendant cette période, elles ne s’appliquaient que dans des cas limités.

Règle Jusqu’au 1er octobre 2026 Ensuite
Communiquer un score environnemental (art. D. 541-245) Oblige à communiquer aussi le coût officiel seulement si le fabricant ou le metteur sur le marché l’avait déjà calculé et communiqué Oblige dans tous les cas à communiquer aussi le coût officiel, sans que le score soit contradictoire ou prête à confusion avec lui. Si le score figure sur un support physique, le coût officiel aussi
Calculer le coût des produits d’un autre (art. D. 541-244) Possible seulement avec l’accord du fabricant, ou s’il avait publié ce coût sur le portail Possible pour toute personne, sur les données disponibles ou sur des données estimées à partir d’elles
Dans les deux cas, ce n’est pas l’affichage du coût environnemental qui devient obligatoire. Ce sont les autres scores, et les calculs faits par d’autres, qui doivent désormais s’y rattacher.

Les règles de présentation, rappelées par le ministère, ajoutent une contrainte de forme : en ligne comme en rayon, le visuel officiel est au moins aussi grand que les chiffres du prix, et, quel que soit le support, au moins aussi grand que tout autre score agrégé d’impact environnemental communiqué pour la même référence. Votre note maison ne peut pas être plus visible que le chiffre officiel.

Un garde-fou dans l’autre sens Si vous êtes le fabricant ou le metteur sur le marché et que vous calculez vous-même le coût environnemental d’une référence, c’est ce chiffre que doit utiliser toute personne qui communique dessus, et celle qui communiquait déjà sur un autre chiffre a un mois au plus pour le mettre à jour. Publier le sien n’est donc pas seulement une contrainte : c’est le moyen que le décret vous donne de fixer le nombre qui circule sur vos produits.

L’angle mort : les scores que vous n’appelez pas des scores

Un score n’a pas besoin de s’appeler « éco-score ». Il peut prendre la forme d’un badge d’empreinte carbone, d’une note ou d’une jauge d’impact, d’un pourcentage d’eau économisée, ou d’un filtre « trier par impact » sur une catégorie. Ces éléments sont souvent ajoutés pour vendre, sans être pensés comme une déclaration encadrée. À partir du 1er octobre, s’ils constituent un score au sens du décret, ils déclenchent l’obligation.

Le décret ne définit pas le mot « score ». Le ministère, lui, présente le coût environnemental comme une quantification de même nature qu’un prix, une valeur nutritionnelle ou « un score carbone (en kg CO2e) ». Notre lecture, par prudence : toute valeur chiffrée, toute lettre et toute graduation qui porte sur un impact environnemental doit être traitée comme un score. Une simple mention de matière, comme « coton biologique », ne note pas un impact ; elle relève des règles sur les allégations environnementales, que nous avons détaillées dans un article dédié.

Deux précisions du texte élargissent le périmètre. D’abord, l’obligation vise toute personne qui communique volontairement un score, pas seulement la marque : un revendeur qui affiche la note d’un fabricant est concerné au même titre. Ensuite, un score communiqué sur un support physique, étiquette ou emballage, impose que le coût officiel figure lui aussi sur un support physique. C’est le même mouvement que pour la sécurité produit : la fiche produit est devenue un document réglementaire, et chaque ligne qu’on y ajoute pour vendre engage aussi.

La méthode, en une journée pour le catalogue textile

  1. Inventoriez tout ce qui ressemble à un score. Fiches produits, listes de catégorie, filtres et tris, e-mails de confirmation, contenus envoyés aux places de marché, étiquettes et emballages en stock. Tout ce que voit un acheteur compte, pas seulement votre site.
  2. Tranchez référence par référence. Une référence, au sens du décret, c’est une version de produit dont toutes les unités partagent la même couleur, la même composition, la même forme et la même texture : les variations de taille ne créent pas de nouvelle référence. Calculez là où le chiffre vous sert, retirez le score partout ailleurs.
  3. Si vous calculez : l’outil public Ecobalyse est gratuit et demande des paramètres propres au produit, comme le type de vêtement, les matières et le pays de fabrication. Déclarez la référence sur le portail avant toute communication, affichez selon la signalétique officielle, et conservez les éléments du calcul : les agents de contrôle peuvent les demander.
  4. Si vous retirez : partout, y compris dans les contenus transmis aux places de marché et sur les prochains tirages d’étiquettes. Et avant de remplacer le score par une formulation environnementale, relisez les règles sur les allégations.
  5. Datez et surveillez. Un coût environnemental ne se met pas à jour plus d’une fois tous les trois mois, et doit l’être dans les douze mois si la méthode officielle change, sauf s’il a été imprimé sur le produit ou son emballage. À partir d’octobre, surveillez aussi ce que les sites qui référencent vos produits affichent à leur sujet.

Auto-diagnostic en dix minutes : ouvrez vos trois fiches textiles les plus visitées et relevez tout ce qui chiffre, note ou gradue un impact. Puis cherchez leurs codes-barres sur le portail. Un score sur la fiche et aucune déclaration sur le portail, c’est une décision à prendre avant le 1er octobre.

Les options, et ce qu’elles valent

Option Ce que ça donne Pour qui
Retirer tous les scores avant le 1er octobre Le plus rapide : vous n’êtes plus concerné par l’obligation d’afficher le coût officiel. Mais un tiers reste libre de calculer celui de vos produits Les marques sans argument environnemental particulier à défendre
Calculer et déclarer tout le catalogue textile Le chiffre qui circule est le vôtre, et quiconque communique sur vos références doit le reprendre. Demande des données de composition et d’origine fiables pour chaque référence Les marques à gamme courte, qui incitent à réparer, et dont le coefficient de durabilité joue en leur faveur
Calculer les références les plus vues, retirer les scores ailleurs Couvre les fiches qui comptent pour une fraction du travail. Tout score resté sur une référence non calculée devient un défaut Les catalogues larges, avec une équipe réduite
Laisser en l’état Chaque référence qui affiche un score sans coût officiel ne respecte plus le décret à partir du 1er octobre Personne
Ces approches se combinent : la troisième est souvent le bon point de départ, et la deuxième la bonne destination pour une marque qui a quelque chose à montrer.

L’outillage

Le calcul lui-même est gratuit et public. Ce qui demande du travail, c’est de le tenir à jour sur un catalogue qui bouge. Si vous cherchez un outil pour vous y aider, quatre critères suffisent : il calcule par référence au sens du décret, sans démultiplier les tailles ; il exporte vers le schéma de données publié sur le portail ; il date chaque calcul et garde la version de méthode utilisée ; et il sait placer le visuel officiel à la bonne taille partout où un autre score apparaît.

La méthode prime sur l’outil : un calcul juste affiché sur la mauvaise référence, ou une note maison restée à côté d’un produit non déclaré, et c’est tout l’effort qui se retourne.

Ce que ça dit de plus grand

Jusqu’ici, la question était de savoir si vous vouliez afficher le coût environnemental de vos vêtements. À partir du 1er octobre, un tiers peut le calculer à votre place, et la question devient : qui le calcule, avec quelles données, et est-ce le chiffre que vous auriez retenu. Les informations publiées sur le portail sont d’ailleurs consultables par code-barres et réutilisables sous licence ouverte : l’information environnementale sort de la fiche produit pour devenir une donnée publique. C’est le même mouvement que celui du passeport numérique produit.

Pour un e-commerçant, la leçon dépasse le textile. Prix de référence, sécurité produit, allégations, coût environnemental : chaque ligne d’une fiche produit est désormais une déclaration qu’on doit pouvoir justifier. C’est un chantier que nous traitons dans notre expertise e-commerce et marketplaces, et il commence toujours par le même inventaire : savoir ce que vos fiches affirment déjà.

Sources

Les affirmations vérifiables de cet article renvoient à leur source primaire, ouvertes le 24 septembre 2026. Nous ne citons pas de source que nous n’avons pas lue.

  1. Décret n° 2025-957 du 6 septembre 2025 relatif aux modalités de calcul et de communication du coût environnemental des produits textiles, articles D. 541-240 à R. 541-246 du code de l’environnement, Légifrance. Consulter
  2. Ministère de la Transition écologique, « Affichage environnemental sur les vêtements », mis à jour le 27 mars 2026. Consulter
  3. Portail de déclaration de l’affichage environnemental, recherche par code-barres. Consulter
  4. Ecobalyse, calculateur public du coût environnemental. Consulter

FAQ

Je ne vends pas que des vêtements : suis-je concerné ?

Pour vos références textiles, oui, et seulement pour elles. Selon le ministère, la majorité des catégories de vêtements sont couvertes, et quelques-unes, comme les soutiens-gorge ou les doudounes, restent à encadrer. Vous êtes concerné dès que vous communiquez un score sur l’une de ces références, ou si vous voulez maîtriser le chiffre qu’un tiers pourrait communiquer sur elles.

« Coton biologique », « matière recyclée » : est-ce un score ?

À notre lecture, non : une mention de matière décrit une composition, elle ne note pas un impact. Elle ne déclenche donc pas l’obligation d’afficher le coût environnemental. Elle reste soumise aux règles sur les allégations environnementales, que nous détaillons dans notre article sur les allégations environnementales.

Un concurrent peut-il vraiment publier le coût environnemental de mes produits ?

Oui, à partir du 1er octobre, sur les données disponibles ou sur des données estimées à partir d’elles, en respectant les conditions que le décret impose à toute communication du coût environnemental. Si vous êtes le fabricant ou le metteur sur le marché et que vous calculez vous-même le coût d’une référence, c’est ce chiffre qui s’impose, et quiconque communiquait sur un autre chiffre a un mois au plus pour le mettre à jour.

Dotsland peut-il m’accompagner ?

Oui. Inventaire de ce que vos fiches, flux et étiquettes affirment déjà, arbitrage référence par référence entre calculer et retirer, puis intégration du visuel officiel là où il doit apparaître. C’est un chantier de notre expertise e-commerce et marketplaces. Parlons-en, ou commencez par l’auto-diagnostic des trois fiches.

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